D’où provient le bois de chauffage ?

Vous vous êtes déjà demandé d’où venait le bois de chauffage que vous utilisez en hiver ? Comment les entreprises qui vous livrent du bois de chauffage se fournissent en matière première ? Et d’ailleurs, est-ce que la France importe une partie de son bois de chauffage ? On fait le tour de ces questions dans cet article !

Le bois de chauffage : une origine majoritairement française

Selon l’ONF, la forêt s’étend sur environ 31% du territoire, soit environ 17,3 millions d’hectares. Cela traduit une ressource forestière très importante. Grâce à cela, le recourt au circuit-court concernant le bois de chauffage est souvent possible. C’est même indispensable pour que le bois bûche garde une certaine image verte : quoi de plus polluant que de transporter du bois de chauffage sur de très longues distances ?

Il existe très peu de chiffres précis sur le volume d’importation du bois de chauffage. Peut-être peut-on l’estimer sans prendre de risque à moins de 10% ?

Malgré la ressource forestière très importante en France, le pays importe bel et bien une petite partie de son bois de chauffage.

Pour être plus précis, les importations françaises de bois énergie (sous toutes ses formes) sont passées de 830 000 tonnes en 2012 à 2,1 millions de tonnes en 2019. Les importations de bois-énergie représentent 4 % de la consommation primaire de bois-énergie en volume (4,2 TWh en 2022). Là encore, cela comprend d’autres sources d’énergie que le bois bûche (qui est bien minoritaire), notamment les granulés, dont la part des importations a explosé entre 2013 (0,4 Twh) et 2022 (3,5 Twh)

De quels pays viennent les importations de bois de chauffage ?

Concernant le bois de chauffage uniquement, il ne semble pas y avoir pas de chiffres facilement accessibles : on parle plutôt de bois énergie (qui inclue le bois de chauffage). Il est donc difficile d’estimer précisément la part des importations : peut-être un peu moins de 10% ?

On sait en revanche que la part des pays de l’Est dans ces importations bois énergie (sous toutes ses formes) a doublé depuis 2012, atteignant 4,2% en 2019. En incluant les importations transitant par la Belgique, les Pays-Bas et l’Allemagne, ces importations des pays de l’Est représentaient environ 10% du total des importations de bois énergie en 2019, soit environ 200 000 tonnes.

Mais du coup, d’où provient le reste des importations de bois énergie ? On peut sans doute déduire qu’une part importante provient de pays voisins de la France, comme l’Espagne, l’Italie, et directement de la Belgique, des Pays-Bas et de l’Allemagne. D’autres pays européens, comme les pays scandinaves, qui sont connus pour leurs ressources forestières, pourraient également contribuer.

Il est possible qu’une toute petite partie provienne de pays plus lointains, même si cela pose la question des coûts de transport.

Des labels garants d’une bonne gestion des forêts

Les deux labels les plus connus sont sans aucun doute PEFC et FSC, même s’ils ne concernent pas que le bois de chauffage. Ces labels ont pour mission de témoigner de pratiques vertueuses concernant l’exploitation des parcelles.

  • PEFC a été créé en 1999 suite à une conférence européenne. Il est présent dans plus de 50 pays, et couvre plus de 300 millions d’hectares de forêts dans le monde. Quatre types de labels existent : Certifié PEFC, Certifié PEFC avec matières recyclées, PEFC Recyclé, Origine PEFC 100%. En France, environ 8 millions d’hectares de forêts en France sont certifiés PEFC.
  • FSC : créé en 1993, c’est une ONG internationale qui prend en compte les aspects environnementaux, sociaux et économiques. Il existe 3 types de labels. PEFC certifie environ 40 000 hectares de forêts en France

Ces labels permettent de garantir une gestion durable des forêts en luttant contre la déforestation, en prenant en compte la biodiversité, la santé des écosystèmes, les droits des travailleurs et des populations locales. En choisissant du bois de chauffage ou bois énergie certifié PEFC ou FSC, les consommateurs s’assurent de faire des choix responsables.

Il existe également d’autres labels, régionaux notamment, tels que le Bois des Alpes ou Sud de France

Comment s’approvisionnent les entreprises de bois de chauffage ?

Pour faire simple, les entreprises de bois de chauffage s’approvisionnent de :

  • Forêts publiques : on y retrouve les forêts domaniales qui appartiennent à l’État, mais aussi les forêts communales qui appartiennent aux communes. Ces forêts sont gérées par l’Office National des Forêts (ONF). Les forêts publiques représentent environ 25% de la surface forestière française.
  • Forêts privées : elles appartiennent à des propriétaires forestiers privés (des particuliers par notamment et constituent la majorité des forêts françaises ; soit environ 75% de la surface forestière.
  • Autres propriétaires : certaines forêts peuvent notamment appartenir à des établissements publics

Les entreprises de bois de chauffage peuvent s’approvisionner auprès de ces différents propriétaires, en fonction des accords commerciaux et des disponibilités. Elles peuvent également posséder leurs propres parcelles forestières.

L’exploitation de ces forêts, qu’elles soient publiques ou privées, est soumise à des réglementations visant à assurer une gestion durable des ressources forestières (via notamment les labels PEFC ou FSC).

L’approvisionnement via les forêts publiques

Pour exploiter des forêts publiques, une entreprise doit suivre un processus réglementé, principalement géré par l’Office National des Forêts (ONF). Cela comprend :

  • la planification des coupes : elles sont planifiées dans le cadre de l’aménagement forestier. C’est un document de gestion établi pour une période de 20 ans pour chaque forêt publique. On y trouve notamment les objectifs de gestion et les interventions prévues, dont les coupes de bois.
  • la mise en vente des coupes : l’ONF organise des ventes de bois issues des forêts publiques, par adjudication, de gré à gré ou via des contrats d’approvisionnement

Les entreprises intéressées peuvent participer à ces ventes : elles doivent normalement être agréées ou reconnues comme professionnels du bois pour y participer. L’exploitation doit se faire dans le respect d’un cahier des charges strict (suivi par l’ONF), qui définit les conditions d’exploitation, les mesures de protection de l’environnement, les délais d’exécution, etc.

L’approvisionnement via les forêts privées

Lorsqu’il s’agit de forêts privées, le propriétaire décide quand et comment exploiter sa forêt, dans le cadre des réglementations en vigueur et des documents de gestion durable s’il en a un (comme le Plan Simple de Gestion pour les forêts de plus de 25 hectares).

Le propriétaire peut :

  • vendre son bois “sur pied” à un exploitant forestier ou une entreprise de travaux forestiers : dans ce cas, l’acheteur se charge de l’abattage et du débardage.
  • fonctionner en régie directe : le propriétaire gère lui-même l’exploitation. Il doit souvent embaucher alors des bûcherons ou faire appel à une entreprise de travaux forestiers pour réaliser les coupes.

Les propriétaires peuvent se faire conseiller pour gérer leur forêt en faisant faire appel à des experts forestiers ou adhérer à des coopératives forestières. Attention, même s’il s’agit de forêts privées, certaines coupes peuvent être soumises à autorisation : zones protégées, coupes très importantes…